MIYAJIMA MON AMOUR 3/4 : ATELIER MOMIJI MANJU CHEZ YAMADAYA

S'il y a bien une chose pour laquelle j'aime voyager au Japon, c'est la nourriture... en particulier la streetfood, qu'elle soit salée ou sucrée. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que Miyajima regorge de spécialités toutes plus appétissantes les unes que les autres, à commencer par le fameux momiji manjû ! Ça tombe bien : j'ai eu la chance de participer à un atelier dédié à la fabrication de cette délicieuse pâtisserie, lors de mon passage sur l'île... Un petit cours de cuisine, ça vous dit ?

Atelier momiji manju chez Yamadaya, Miyajima, Hiroshima-ken

Mais reprenons d'abord notre récit là où nous l'avions laissé...
En quittant le temple Daisho-in sur les coups de midi, c'est par la traversée de la rue commerçante Omotesando que se poursuit mon excursion. La boutique Yamadaya se situe en effet à l'autre bout de cette rue, non loin de l'embarcadère du ferry et de l'office de tourisme.

Pagode Gojû-no-tô, Miyajima, Hiroshima-ken

Sur le chemin, impossible de manquer la pagode à cinq étages Gojû-no-tô, qui domine le sanctuaire Itsukushima de son impressionnante silhouette. Cette construction parasismique, datant de 1407, est dotée d'une particularité architecturale assez rare au niveau de son pilier central, qui ne concernerait que cinq pagodes au Japon. Mais j'avoue ne pas avoir eu le temps de m'attarder davantage.

Shopping dans la rue commerçante Omotesando

La rue commerçante démarre un peu plus loin. Il s'agit d'une longue artère partiellement couverte, parallèle au front de mer et menant d'Itsukushima-jinja à l'embarcadère. Restaurants, magasins d'omiyage, confiseurs et autres boutiques colorées s'y succèdent dans un joyeux bric-à-brac typiquement japonais, où les enseignes tape-à-l'oeil côtoient les façades minimalistes et épurées.
Noren et lanternes colorées attirent l'oeil comme un aimant, tandis que le fumet des huîtres grillées, des nikuman tous chauds, des okonomiyaki ou des momiji manjû fraîchement préparés titille les narines et les papilles. C'est bien simple : la tentation est omniprésente !

Omotesando, Miyajima, Hiroshima-ken
Boutique d'omiyage, Omotesando, Miyajima, Hiroshima-ken Gotochi card challenge huître, Miyajima, Hiroshima-ken
Boutique décorée de feuilles de momiji, Omotesando, Miyajima, Hiroshima-ken O-shakushi géant, Omotesando, Miyajima, Hiroshima-ken

L'une des principales curiosités de cette rue est la présence d'une immense spatule de bois (o-shakushi) mesurant 7,7 mètres de long ! Cette spatule (la plus grande du monde) a été installée ici en référence à l'une des spécialités artisanales de Miyajima.
On trouve d'ailleurs, dans la plupart des boutiques de souvenirs environnantes, des spatules de toutes tailles, dont les plus grandes sont ornées d'illustrations réalisées à la main ou de calligraphies. Ce sont des objets porte-bonheur, à vocation décorative.

Nikuman alignés dans une échoppe de streetfood, Omotesando, Miyajima, Hiroshima-ken

Pour compléter le maigre repas grignoté au temple Daisho-in (un bento agrémenté d'herbes sauvages, distribué gratuitement dans le cadre de la cérémonie Hiwatari Shiki), Noriko et moi avons fait une halte dans un petit stand de nikuman (肉まん). J'ai déjà parlé de ces beignets à la viande cuits à la vapeur et originaires de Chine dans mon article dédié au Kiyomizu-dera : c'est à Kyoto que je les ai découvert, et je dois dire que c'est un mets que j'apprécie beaucoup... et qui a le mérite de ne pas coûter très cher (ceux qui comme moi font partie des voyageurs fauchés comprendront T_T). 
Après quoi, sur les coups de 13h, nous sommes allées marcher au pied du grand torii à marée basse, un épisode dont je vous ai déjà parlé dans mon article dédié au sanctuaire Itsukushima.

Et les momiji manjû alors ?

J'y viens ! À Omotesando, impossible de manquer le curieux spectacle de ces vitrines donnant sur d'énormes machines automatisées, dotées de tapis roulants sur lesquels défilent par dizaines des momiji manjû fabriqués à la chaîne. Ce spectacle hypnotique est assez fascinant, je pourrais y passer des heures. Mais tout cela n'a rien à voir avec l'atelier auquel j'ai participé, vous vous en doutez. Car chez Yamadaya, on fabrique le manjû à l'ancienne, et ça ne plaisante pas !

Machine à momiji manjû, omotesando, Miyajima, Hiroshima-ken

Pour l'anecdote, c'est approximativement aux alentours de 1900 que le momiji manjû tel qu'on le connaît aujourd'hui a fait sa première apparition à Miyajima. Comme son nom l'indique, il s'agit d'une spécialité en forme de feuille d'érable. Extrêmement populaire et bon marché, elle est principalement consommée en automne.
Cela dit, à proprement parler, ce gâteau porte très mal son nom. Car en japonais, le terme manjû désigne un petit gâteau rond, doré et sucré, que l'on cuit à la vapeur. Une description qui ne convient pas du tout au momiji manjû !

Gotochi card challenge momiji manju hiroshima

Ce dernier est beaucoup plus moelleux et gourmand que le manjû traditionnel. Et puis surtout : on le cuit dans un moule, non à la vapeur.
La recette de Miyajima est en fait basée sur celle du カステラ (kasutera, du portugais "castella", gâteau introduit au Japon via Nagasaki). Contrairement au kasutera de Nagasaki, dont la forme n'a strictement rien à voir, on trouve à l'intérieur du momiji manjû de Miyajima un fourrage à l'anko (pâte de haricot rouge sucrée). Au passage, n'hésitez pas à consulter ma recette de l'anko maison si vous êtes curieux et que vous souhaitez découvrir l'une des saveurs incontournables du Japon !

La recette des momiji manjû

Lors de l'atelier proposé par Yamadaya, la pâte était déjà toute prête, mais un petit panneau explicatif en détaillait la recette en anglais.

Liste des ingrédients, atelier momiji manju Yamadaya, Miyajima, Hiroshima-ken

Voici une adaptation de cette recette qui devrait convenir pour 4 portions :

Ingrédients principaux
130g de sucre en poudre
100g de farine
3 oeufs

Ingrédients secondaires 
1/2 sachet de levure chimique
1 cuillère à soupe de sirop de glucose (pour adoucir le goût)
1 cuillère à soupe de sirop de riz (pour l'arôme et comme liant)
[Note : à défaut, ces deux ingrédients peuvent être remplacés par 2 cuillères à soupe de miel liquide]
Jaune d'oeuf en poudre (facultatif, pour colorer et émulsifier la pâte)

Pour le fourrage
De l'anko maison (la recette ici)... 
ou ce que vous voulez !


La technique de cuisson est plus compliquée, puisqu'il faut disposer d'un matériel bien spécifique (à commencer par les fameux moules en forme de feuille d'érable). Voici la méthode enseignée chez Yamadaya :

1/ Graisser le moule, à froid, à l'aide d'un pinceau
2/ Verser une première dose de pâte
3/ Ajouter le fourrage souhaité (anko, chocolat...)
4/ Recouvrir de pâte jusqu'au rebord du moule
5/ Refermer le moule, le faire tourner une première fois
6/ Placer le moule sur le brûleur
7/ Laisser cuire 30 secondes, puis retourner le moule une deuxième fois
8/ Laisser cuire encore 30 secondes, puis retourner le moule une troisième fois
9/ Laisser cuire encore 30 secondes, puis retourner une dernière fois
10/ Patienter 30 secondes, et retirer du feu
11/ Ouvrir le moule et...

Préparation du moule à momiji manju, atelier Yamadaya, Miyajima, Hiroshima-ken Verser la pate dans le moule à momiji manju, Yamadaya, Miyajima, Hiroshima-ken
Ajouter le fourrage, atelier momiji manju, Yamadaya, Miyajima, Hiroshima-ken Cuisson des momiji manju, atelier Yamadaya, Miyajima, Hiroshima-ken

...tadaaaa ! Les momiji manjû sont tout chauds et moelleux ! Il ne reste plus qu'à les retirer doucement à l'aide d'un pic en bois.

momiji manju après cuisson, atelier Yamadaya, Miyajima, Hiroshima-ken

Pour un aperçu plus clair de la marche à suivre, je vous invite à consulter la vidéo Yamadaya : Experience Making Home-baked Momiji Manju, disponible sur Youtube. On peut y voir l'ensemble du processus de cuisson, tel que je l'ai testé lors de l'atelier. Mais l'expérience ne s'arrête pas là, puisque chaque manjû est ensuite emballé individuellement, grâce à une machine ultra rapide.

Machine à emballer les momiji manju, atelier Yamadaya, Miyajima, Hiroshima-ken Machine à emballer les momiji manjû, Miyajima, Hiroshima-ken
Manjû emballé à la machine, Miyajima, Hiroshima-ken

Au final, chaque participant repart avec quatre momiji manjû de sa fabrication. Je suis très fière de vous montrer ci-dessous l'une de mes délicieuses créations ! Mon verdict : trop bon !!!

Homemade momiji manjû, atelier Yamadaya, Miyajima, Hiroshima-ken

Comment participer ?

Vous souhaitez vous aussi vous lancer ? Voici mes remarques et recommandations ! Tout d'abord, sachez que l'expérience coûte ¥756 par personne, ce qui n'est pas excessif pour 1h d'atelier. Le paiement se fait sur place, en espèces.
Comme la réservation (obligatoire) se fait par téléphone (+81-829-44-1758), l'organisation n'est pas des plus simples (surtout avec la barrière de la langue), mais j'ai heureusement eu la chance d'être aidée par ma correspondante Noriko. Si vous n'avez pas d'ami japonais sous la main, je vous encourage vivement à prendre directement contact, par mail, avec l'office de tourisme de Miyajima via le formulaire du site officiel de l'île pour en savoir plus et peaufiner tous les détails en amont. Comme le précise ce site, il est possible de réserver "jusqu'à 1 an à l'avance et au minimum 1 semaine avant la date désirée". Donc, quoi qu'il en soit : oubliez l'improvisation !
Le groupe doit comporter au minimum 5 participants pour que l'atelier ait lieu (nous étions une petite dizaine en tout). Si vous ne parlez pas japonais, l'expérience sera peut-être un peu confuse, mais pas impossible : j'étais la seule étrangère du groupe, et j'ai pu suivre correctement en étant attentive et en reproduisant les gestes des autres. 
Je pense que les occidentaux participent très rarement à ce genre d'activités, car j'ai senti une certaine surprise (mais aussi beaucoup de bienveillance) de la part des animateurs. Rien que pour cela, je vous encourage à vous lancer : plus il y aura de demande, plus l'offre sera diversifiée et qualitative. 
Notez également qu'il existe d'autres types d'ateliers, si vous préférez vous initier à la fabrication de spatules à riz artisanales par exemple.

Cet article vous a plu ? N'hésitez pas à (re)découvrir mon expérience au sein de l'atelier de fabrication de sucettes artisanales Amezaiku, chez Ameshin (quartier d'Asakusa, Tokyo). 

3 commentaires

  1. On a touché le jackpot! Un récit de voyage et une recette dans le même article! Je vais pouvoir mourir comblée XD
    Bon j'arrête mes bêtises... c'est vraiment une chouette expérience que tu nous partages là ! Je n'ai plus qu'à trouver un de ces moules et puis hop! Au boulot! (Cela dit... je ne vois vraiment pas où... ça m'a l'air bien spécifique et très professionnel...^^"")

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  2. Ah momiji manju ! J'adore , merci d'avoir partager ta passion pour street fois, je suis une fan inconditionnelle.
    Cette rue est terrible, mon chéri et moi appelons ce genre d'endroits "rue de la tentation". Je me rappelle avoir fondu devant une boutique qui vendait de mignons petits bouddha et des petits accessoires (paravent, pancarte...) pour te faire ta petite scène. L'as-tu vu ? Peut-être qu'elle n'existe plus.
    Enfin, merci pour ton bel (et bon) article !!

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  3. Les nikuman!!! Je les adores!! La première fois que je les mangeait c'etait just à Miyajima.
    Merci pour avoir ecrit cet article, c'est vraiment interessant :)

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